22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 19:29
Bonjour à tous les Amis de Pascal,

Il y a un peu plus d'un an, Vincent créait ce blog afin de permettre à tous de se retrouver ici pour parler de son ami Pascal Sevran. Sa mort était inacceptable pour lui, pour nous tous, elle l'est toujours. A son départ, Ronan a repris le flambeau, et nous sommes encore là.

Cette lettre de Vincent à Pascal le remerciant de son accueil à Morterolles, un soir d' août 2005, je la trouve très belle, j'avais envie de vous la remémorer.
 
" De retour à Paris, je prépare mon voyage au Népal. Encore une semaine et je retrouverai mes amis tibétains en exil à Jawalakhel, le camp de réfugiés situé juste à côté de Katmandou. Je donnerai des jouets à Tenzin mon filleul, et je tenterai de rassurer la mère qui s'inquiète de notre visite chez le neurologue. Comme souvent en Asie, plus les gens sont tristes ou inquiets, plus ils sourient.
Puis il y aura les homos de Katmandou qui risquent leur peau à chaque coin de rue. Je ne sais pas si j'aurai le talent pour rendre à l'image l'horreur de leur quotidien. Le défilé du 20 août n'aura rien à voir avec les cortèges folkloriques parisiens. Il y aura sans doute plus de mitraillettes que de participants !
Voilà à quoi je me prépare. Je suis tranquille. J'aurais simplement préféré y être accompagné, mais je ne peux reprocher à quiconque de ne pas vouloir se jeter dans une sorte de fosse aux lions pour mes beaux yeux.
Transition toute trouvée : les yeux. Les vôtres encore plus bleus qu'à Paris. Comment l'expliquez-vous ? Voilà une partie de ce que j'ai emporté en quittant Morterolles à 22 heures 35, vendredi 5 aout.
Vos yeux d'un bleu pas possible et le blanc de votre chemise. Le regard malicieux de Serge qui rappelle celui de Michel Bouquet. Une grosse carpe qui s'extirpe de l'étang et qui fait "floc" en retombant. Le parfum des légumes du jardin portés en ratatouille et le croquant d'une fleur de sel sur le thon parfumé. Le silence qui nous saisit, on ne respire plus. Vos sabots, leur bruit sur le gravier. Le puits plein d'eau de la petite maison et les étangs qui en réclament. La chaleur et la douceur des chevaux (jamais vu un cheval qui embrasse), votre émotion aussi. Plus loin votre sourire revenu à nous apprendre que le bois est à vous et qu'il y aura des marches par là... Le square Brigitte Bardot sur la maison des morts. Les lampadaires allumés et celui qui ne l'est pas. Le choix de la photo de Serge pour le prochain "poche". J'aimerais que vous puissiez dire à Christiane le plaisir du gourmand, comblé par le thon et la part généreuse de clafoutis maison.
J'ai compris les 20 heures 16, les 21 heures 10 et même les tristes 22 heures 30, quand le carillon rappelle que les chaussures attendent à l'extérieur, près du premier banc, à droite juste après la porte. "
 
Pascal ajoute ceci : "Evidemment le Népal, où l'heure de la soupe est moins précise qu'à Morterolles. Ces enfants que la police tabasse et viole. Le coeur si fragile de Tenzin tiendra-t-il jusqu'à l'arrivée de Vincent l'Alsacien ? Notre impuissance face au malheur du monde. Et des Vincent, alsaciens ou pas, discrètement admirables."
 
Vincent va bien, il poursuit sa vie entre la France et le Népal avec des projets plein la tête et le coeur. Il essaie d'adoucir le malheur des hommes et des animaux là-bas au Népal. Je suis toujours en contact avec lui, il lit le blog et le site. Comme nous tous, il n'a rien oublié, sa fidélité est sans faille. Simplement il a décidé de faire silence sur ses souvenirs avec Pascal.
 
Cette lettre n'est pas privée, Pascal l'avait publiée dans un de ses journaux, et Vincent m'a donné son accord, hier afin que je la dépose sur le blog.

A vous tous, je vous adresse mon amical souvenir. Merci encore à vous, Cher Vincent.

Annie

commentaires

marianne 25/08/2009 00:09

Oui, Annie, merci de nous avoir remis en mémoire cette lettre, je m'en souviens très bien et que tout est tellement vrai....le beau bleu de ses yeux, sa chemise blanche....douceurs qui me reviennent en mémoire....et j'envoie à Vincent plein de belles pensées, qu'il soit ici ou loin de nous au Népal....et sachez Vincent que dans la dernière petite lettre qu'il m'a adressée, un peu avant de nous quitter,(quelques jours avant) d'habitude il terminait par un "je vous embrasse" et là il m'a écrit 4 Kougloffs...qui je le suppose voulait dire 4 bisous (car chaque fois que je le voyais, je lui demandais 4 bises....Comment ne pas penser à vous Vincent...

J'embrasse tout le monde
Marianne

lise 23/08/2009 13:15

Merci Annie de publier cette très belle lettre mais je ne me souviens pas l'avoir vue dans un des journaux de Pascal que j'ai pourtant tous lus et relus...Bon vent à Vincent dans sa noble action!Bien amicalement.Lise

Emma 23/08/2009 10:04

Merci de ce beau cadeau

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  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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