Âge tendre et têtes de bois : pour le plaisir de la nostalgie

Publié le 7 Juin 2010

La tournée continue de carburer au super. Deux shows de quatre heures dans une salle bondée, marqués par des ovations tonitruantes pour Isabelle Aubret et Hervé Vilard.

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Aubret. Le nom claque, caresse, et tout semble dit. Derrière elle, un sillage de liberté farouche. Elle s'avance vers la scène. On la sent à la fois fébrile et déterminée. Elle vit. Elle chante en lettres majuscules. Pure et frissonnante. Sa voix d'une beauté stupéfiante et sa puissance d'évocation nous mettent le coeur en émoi. Elle reprend Ferrat (Ma France, La montagne) Brel (La quête). Entre l'instinct et le viscéral, gestuelle ample, bras en offrande. La force de l'amour vrai, c'est d'exister à l'intérieur. Elle a ça en elle, Isabelle Aubret. Il faut la voir soulever le public. Un véritable instant de partage. C'est beau, émouvant, et surtout amplement mérité.

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Celui qui met aussi tout le monde d'accord, c'est Hervé Vilard. Remis de son infarctus, il se présente à nous vaillant, l'âme magique et la voix impériale.Il y a chez lui la force de l'évidence, un professionnalisme hors pair, une sensualité brûlante. Toutes choses que l'on retrouve ici, intactes en dépit des années et même aiguisées comme jamais. En quatre chansons (Capri c'est fini, Fais-la rire, Nous , Rêveries), il s'empare de toute la gamme des sentiments tourbillonnants pour remporter brillamment la mise. En coulisses, on croise le courageux Frank Alamo cloué sur un fauteuil roulant à cause d'une maladie neurodégénérative, Julie Pietri venue prendre la température avant de rejoindre la troupe l'an prochain, Dick Rivers en pleine négociation avec Michel Algay (le producteur d'Âge tendre et têtes de bois, ndlr) pour la tournée de ses cinquante ans de carrière, ou un membre de La Compagnie Créole scotché par la finale femmes de Roland-Garros. Cette tournée, qui ne connaît pas la crise, avance au mépris du jeunisme ambiant. La nostalgie est peut-être partout, mais celle-ci se révèle séduisante et hautement réconfortante. Parce que ces artistes ont encore du souffle et des chansons faisant plus qu'illusion.

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Entre une Georgette Lemaire déchirante sur Vous étiez belle madame - chanson écrite par Pascal Sevran - la noblesse du chant de Charles Dumont qui fait ressurgir le fantôme de Piaf, la technique vocale irréprochable de Michelle Torr, la parenthèse festive de La Bande à Basile, l'énergie insufflée par Sheila, chacun peut retrouver des bribes de sa jeunesse. Ne pas oublier, non plus, les trop rares Gérard Palaprat (Pour la fin du monde) et Alain Turban ( Santa Monica) parfaits en ouverture de spectacle. Quant à la séance de dédicaces, elle a viré à l'hystérie collective bon enfant. Autre moment marquant d'un concept qui n'en finit pas de fonctionner à pleins tubes.

Par Patrice Demailly - Nord Eclair - 06-06-10

Rédigé par Ronan H

Publié dans #Article de Presse

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Ouvrard 11/06/2010 12:06


Pascal n'a malheureusement pas vu le spectacle dès la première édition j'y suis allé et en lui racontant le programme il me regarde et dit "mais ce spectacle, c'est mon émission" en effet Pascal
Sevran avait raison avant tout le monde...