19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 17:35

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L'AIR DU TEMPS - CHARLES TRENET : Cliquer ici

Le Fou chantant nous a quitté il y a dix ans, un 19 février. France 5 lui rend hommage avec un portrait réalisé par Jacques Pessis, qui publie également Trenet. Le Philosophe du bonheur (L'Archipel). Le journaliste livre quelques souvenirs sur son ami Charles.

« Allo, Jacques, êtes-vous libre pour le déjeuner ? Pendant près de deux décennies, Charles Trenet m'a téléphoné, le matin, à 11 heures précises, pour me proposer de le rejoindre en compagnie de quelques amis. J'ai ainsi vécu des moments d'exceptions, au cœur du jardin secret extraordinaire d'un poète qui ne dévorait pas que la vie. »

« Je ne mange qu'une fois par jour, c'est le secret de ma forme », s'exclamait-il, en éclatant de rire, après avoir englouti trois plats, accompagnés de vins, d'alcools forts et de cigares. Ces banquets, qui duraient entre cinq et douze heures, étaient ponctués de quatrains improvisés, de bons mots et d'anecdotes savoureuses. 

« Je ne suis passé à côté de personne d'important dans le siècle », confiait-il, avant d'évoquer ses rencontres avec Jean Cocteau, Max Jacob, Sacha Guitry, Salvador Dali, Louis Lumière, Henri Bergson ou Albert Einstein. Il les racontait comme si elles s'étaient déroulées la veille, avec ce qu'il appelait « une mémoire gênante ».

Sa culture du passé ne l'a jamais empêché de penser à demain. Il aimait observer l'avenir d'une chanson française dont il se considérait comme le grand frère plutôt que comme le père. Il a été le premier à prédire une grande carrière à un Patrick Bruel débutant. 

Je me souviens également d'un après-midi à la Closerie des Lilas, où il a remonté le moral de Renaud. « Quand on a rêvé sa vie, il faut vivre son rêve, en digérant les cauchemars qui ne manquent pas de la traverser », lui a-t-il expliqué.

Il m'a transmi cette « philosophie du bonheur ». Devenue son art de -bien- vivre en toutes circonstances, elle a permi au poète aux mille chansons de ne jamais déchanter. Ainsi, quand un proche disparaissait, s'il s'enfermait pour le pleurer, il ne montrait jamais sa tristesse. Il l'évoquait simplement, à travers des moments joyeux passés ensembles. Il faut savoir garder quelques sourires pour se moquer des jours sans joie.

A savoir

Charles Trenet compose La Mer un jour de juillet 1942, dans un train le menant de Sète à Montpellier. La chanson reste dans les oubliettes durant quatre ans avant de connaître un succès mondial, reprise notamment par Frank Sinatra et George Benson. Soixante-dix ans plus tard, plus de 4 000 versions ont été recensées !

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