16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:46

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Vous sortez un best of. Est-ce l'heure du premier bilan ?

>> Ma signature (2006, ndlr) était mon dixième album. J'estimais que c'était un bon chiffre pour commencer à faire un bilan. Celui-ci dure depuis quelques années mais je n'avais pas trouvé le moment pour compiler les chansons qui ont été marquantes. Comme le dernier album (Blessée, ndlr) datait d'à peine un an, je ne voulais pas que la tournée ne soit pas accompagnée d'un nouveau disque. Mais on aurait été serrés dans le temps. Et c'est ma soeur Diane, ma grande complice et presque jumelle, qui m'a dit que c'était peut-être le moment de faire ce best of. 


Quel recul avez-vous sur vos vingt ans de carrière ?

>> C'est bizarre parce que je ne réalise pas tout ce qui s'est passé.
Parfois, je me force à regarder le chemin parcouru et j'ai conscience que c'est extraordinaire. Mais dans mon coeur, je suis encore à l'aube d'une carrière que je viens de commencer et qui reste à construire. Je ne me sens pas encore arrivée. Mon corps est celui d'une femme de 45 ans mais j'ai la même spontanéité sur scène. Je suis encore la petite fille de 23 ans qui débute et qui veut faire découvrir ses chansons avec la même impatience.

Peut-on dire qu'à vos débuts vous avez bénéficié d'un fantastique bouche à oreille ?
>> Complètement.
C'était incroyable et rapide. Quand je suis arrivée chez vous, j'avais une expérience de petites scènes depuis presque dix ans. Donc j'étais peut-être plus convaincante. Je suis passée très vite du Sentier des Halles à l'Olympia.

Charles Aznavour et Pascal Sevran étaient vos premiers fans...
>> Les deux m'ont donné un coup de pouce et ont été très présents pour dire de jolis mots sur moi. Cela a aidé le début de ma carrière, les gens ont écouté avec une autre oreille. Encore aujourd'hui, on entend : « C'est la protégée de Charles Aznavour ».

Êtes-vous surprise par l'extraordinaire fidélité de votre public ?
>> Je touche du bois, je veux que ça continue (rires). L'enthousiasme est toujours au rendez-vous. Je ne veux pas avoir une réaction de public face une artiste établie. C'est aussi pour ça que je laisse toujours de la place à des nouveautés dans mes spectacles. Contrairement à des artistes, j'ai un public qui n'est pas déçu quand je lui propose une nouvelle chanson en spectacle. Dans le prochain où je serai à la guitare accompagnée seulement d'un piano et de violons, il y aura d'ailleurs encore plus d'autodérision.

Combien de chansons dans vos tiroirs ?
>> Je ne peux même pas les compter (rires). Quand j'en commence une, je me donne toujours comme défi de la terminer même si je sais que je ne suis pas en train d'écrire la plus grande chanson au monde. Parfois, je me dis que je devrais faire un album où je sortirais mes anciennes chansons qui formaient mes premiers spectacles au Québec.

Chacun a sa chanson. Mais « Le plus fort c'est mon père » n'est-elle pas la plus fédératrice ?
>> C'est également ma chanson fétiche. Elle n'a jamais quitté mon répertoire. Je la chante encore et toujours avec autant d'émotion. Même si j'ai vécu d'autres choses depuis que je l'ai écrite, il y a la même intensité. C'est incroyable la manière dont les gens l'aiment alors que ce n'est pas une chanson qui a été numéro un à la radio. Et il y a désormais beaucoup de jeunes artistes qui la reprennent pour des concours. 

L'amour entre vos parents est-il exemplaire ?

>> Ce n'est pas évident de retrouver souvent des relations entre un homme et une femme comme celle de mes parents. C'est admirable de s'aimer de la sorte avec autant de respect.

Écrire est-il aussi vital que de chanter ?
>> Ne plus chanter serait épouvantable, me passer d'écrire serait juste impossible. C'est ma passion première, un bonheur égoïste que je dois pouvoir m'offrir sous peine d'étouffer ou de devenir dépressive. Quand on goûte à la scène, on reçoit une incroyable dose d'adrénaline et d'amour.

Vous disiez il y a une dizaine d'années : « J'écris pour me préparer au pire ». Est-ce toujours le cas ?
>> Absolument. Ce n'est pas négatif, c'est juste être consciente que tout peut nous arriver. On est à l'abri de rien dans la vie. Celle-ci est ponctuée d'obstacles et d'épreuves. Et parler de ça en chanson, c'est essayer pour moi de trouver de l'espoir dans la situation dite.

Comment expliquez-vous que ce qui touche à l'humain soit si viscéral chez vous ?
>> J'ai été élevée par des parents aimants. Ce n'était pas le vrai monde. Je ne pensais même pas que la violence existait, je connaissais très peu l'être humain et ses travers.
C'est en sortant de mon petit cocon familial que j'ai découvert tout ça. J'aime les gens et je ne juge pas. Je trouve que je ressemble à presque tout le monde : je vois les similitudes mais aussi à quel point nos épreuves ont été différentes.

Est-ce une discussion avec Patrick Sébastien qui vous a inspiré la chanson inédite « Pas de mot » qui évoque la douleur de perdre un enfant ?

>> Il m'avait invité dans Le plus grand cabaret du Monde. Dans sa loge, on discutait et tout d'un coup dans la conversation, il me dit (il a perdu un fils dans un accident de moto, ndlr) : « Tu sais, quand on perd ses parents on est orphelin, quand on perd sa femme on est un veuf et quand on perd son enfant il n'y a pas de mots ». À la fin de la conversation, il ajoute : « Je n'ai jamais écrit la chanson mais toi tu pourrais le faire ». Et dans l'avion du retour, je l'ai fait.

Certains vous taxent de féministe. Que leur répondez-vous ?
>> Je me sens femme mais pas féministe.
D'ailleurs dans ce prochain spectacle, vous verrez que je suis plus dure envers les femmes que les hommes. Il y a notamment une chanson qui s'appelle Femme au volant. Vous imaginez déjà ? (rires)

Nord Eclair - 17/09/2011

16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:34

Les petits bals perdus

Les allées et venues dans nos vies, comme dans un moulin, d'hommes et de femmes dont nous fûmes proches, voire intimes hier encore, ne laissent pas de me stupéfier. le même qui vous propose d'arriver tout de suite (pour quoi faire ?), l'autre qui vous écrit qu'elle ne cesse de penser à vous, ceux-là s'évaporent sans la moindre explication. Il s'étonneraient qu'on leur en fasse le reproche. L'inconstance des sentiments chez la plupart des êtres humains tient à leur propre névrose d'échec. ils ont des sincérités successives et contraires. On a beau prétendre être revenu de tout, et l'être un peu, on ne s'habitue pas si facilement à la médiocrité de ceux que nous aimions.

Les petits bals perdus de Pascal Sevran.

16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:31

Bonjour Marianne, Paola, Nathalie et vous tous amis de Pascal.

Comment expliquer la place prise par Pascal dans nos vies. Impossible. Les jolis mots de Nathalie disent le chagrin de l'absence, Marianne se souvient... à l'heure où beaucoup oublie. Paola regrette ses livres. Nous sommes encore quelques personnes à ressentir ce manque de Pascal. Et moi, comme vous je regrette ses mots bleux dans ma boite à lettres, son sourire, sa gentillesse et son attention jamais démenties. Je pense à lui, je pense à vous tous qui venez déposer quelques mots sur ce blog, afin que sa mémoire perdure. Je vous embrasse en souvenir de lui.

Annie

27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 20:46

le 27 aout 2007, il disait :

Dix-huit heures trente. La lumière s'apaise sur Morterolles, quelque chose de moins brutal va commencer : l'automne. J'attends toujours cette saison avec gourmandise. Je continue à penser qu'il ne peut m'arriver que ds choses gentilles en automne, contre l'évidence meme. Stéphane et mon père sont partis en octobre, je suis né en octobre, et alors ? Ce mois-là ne me protège pas des chagrins. Je le sais, mais ne veux pas l'admettre.

Vos mots nous manquent tant cher Pascal.

Paola

Les petits bals perdus. journal posthume.

27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 07:41

Moi aussi Nathalie, je pense à lui tous les jours, tout est tellement injuste, et ce métier d'une telle ingratitude... Mais où donc sont passés tous ses "amis" !!! Rien, pas d'hommage, pas d'émissions, mais dans nos coeurs et nos mémoires il est toujours tellement présent au quotidien... je m'ennuie de toi Pascal, de ta voix, de tes mots tendres, de tes moqueries, je n'arrive toujours pas à réaliser ni à combler cet immense vide que tu as laissé...

Ses mots divers et variés qu'il aimait au quotidien kouglof, grenat... Ses bouquets orangés... Tout est présent, même Idole ce sacré garnement...

Je vous embrasse tous les amis "à tout de suite..."

Marianne

26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 13:03

A Pascal,


Qu'est ce que tu veux que je dise ?
Que tout est fini, que tu ne reviendras plus , que tu manques beaucoup.
Que tu es parti trop tôt .
Que tu es un ange qui envoie la pluie sur les roses .
Ton départ est une erreur, une défaite.
De ne pas te pleurer est impensable.
Je ne t'oublie pas et je pense à toi chaque jour.

Nathalie

1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 20:50

En écho à la propre histoire sentimentale de la chanteuse, mais aussi à l'affaire Gabrielle Russier, ce tube apparaît comme un signe du destin.

Elle venait d'avoir quarante et un ans. Plus de deux fois dix-huit ans, lorsque, le 17 janvier 1974, sortit ce disque phénoménal, sur lequel figuraient deux chansons qui allaient encore accélérer la carrière d'une artiste pas tout à fait taillée pour la gloire et la lumière. Qui se souvient qu'à côté de Gigi L'Amoroso figurait Il venait d'avoir dix-huit ans, deux tubes qui amplifièrent la renommée d'une chanteuse déjà au zénith ?

 

Dalida était belle, elle avait acquis au fil du temps une assurance certaine sur les scènes des music-halls et des théâtres où la conduisaient de longues tournées. Elle s'imposait aussi sur les plateaux de télévision, ravissante, sensuelle, assez à l'aise avec tout ce qu'exige de comédie l'art de la chanson. Rayonnante et faite au tour, affectionnant les fourreaux et les décolletés qui mettaient en valeur sa plastique de petite déesse au format de Tanagra, Dalida cachait son chagrin. Elle s'exprimait peu, fuyait les rencontres avec les journalistes et même les compositeurs et paroliers qui rêvaient qu'elle interprète une de leurs chansons.

Lorsqu'un soir de 1973, Pascal Auriat et Pascal Sevran se retrouvèrent à dîner chez la star qu'on disait alors inaccessible, rue d'Orchampt, à Montmartre, ils ne pensaient pas du tout à lui proposer ce qui allait devenir l'un de ses plus grands succès, Il venait d'avoir 18 ans.

Ils n'auraient jamais osé. Ils avaient d'ailleurs pensé à quelqu'un d'autre lorsqu'ils l'avaient écrite ensemble. Mais ce soir-là, Iolanda Cristina n'a le cœur à rien. Rien ne lui plaît, elle écarte d'un geste las toutes les propositions des amis qui ont pourtant dix chansons dans leur besace. À l'époque, le répertoire de Dalida est plutôt du côté de la grande chanson populaire. Elle a rêvé d'être comédienne, de faire du cinéma. Elle ne sait pas encore qu'elle deviendra la plus mélodieuse des tragédiennes. Elle a baigné dans un univers musical. Son père, qui mourra très jeune (1904-1945), est premier violon à l'Opéra du Caire. Elle sait chanter, elle a une très bonne oreille. Mais c'est sa beauté qui frappe d'abord et c'est en devenant Miss Égypte 1954 qu'elle connaît les premiers feux de la célébrité… Elle tourne quelques films de série B avant de venir à Paris. Dans sa famille, on a toujours eu le culte de la France et ses rêves sont aussi brillants que la Ville lumière.

Intelligente et volontaire, elle comprend très tôt que le 7e art n'est pas pour elle. Le temps est aux blondes solaires et sensuelles comme Brigitte Bardot. À la Villa d'Este, elle chante et Bruno Coquatrix va la repérer. Elle se fait alors appeler Dalila. Le patron de l'Olympia lui propose de participer à un concours de jeunes talents. Dans la salle, il y a Eddie Barclay, mais surtout Lucien Morisse, subjugué immédiatement par cette Cléopâtre rieuse. En août 1956 sort son premier disque, une reprise d'Amalia Rodrigues. Mais il faudra attendre Bambino, et les rotations intensives sur les ondes d'Europe 1, pour que celle qui se nomme désormais Dalida soit enfin reconnue.

Près de vingt ans passent. La gloire est au rendez-vous, mais sa vie personnelle est profondément tragique. C'est comme si Iolanda avait répété avec des hommes plus âgés qu'elle la première blessure, celle de la disparition prématurée de son père. Autour d'elle, les hommes se suicident.

 

Dalida, à Paris, en mai 1985. (AFP)
Dalida, à Paris, en mai 1985. (AFP)

 

En 1973, lorsque les deux jeunes Pascal, Sevran et Auriat, lui proposent timidement Il venait d'avoir dix-huit ans, qu'ils ont écrite avec Serge Lebrail, elle sait qu'elle ne doit pas refuser ce qu'elle prend pour un signe. En 1967, alors qu'elle vient de rater un suicide après que l'homme qu'elle aimait, Luigi Tenco, s'est tiré une balle dans la tête, elle a une aventure avec un jeune étudiant romain, Lucio… Il a à peine 18 ans. Elle n'en a que trente-quatre. Elle est enceinte. Choisit d'avorter. L'opération la rend stérile. C'est à cette tragédie-là qu'elle pensera en chantant cet impossible amour. Elle a en tête aussi - elle le dira à quelques proches - l'affaire Gabrielle Russier. Ce professeur de trente ans eut une aventure avec un de ses élèves, fut condamnée et se suicida. Interrogé lors d'une conférence de presse, le président Pompidou avait cité Eluard. «Comprenne qui voudra, moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés.» Ces mots eurent un retentissement profond pour Dalida.

Mais elle n'avait pas imaginé l'écho inouï de la chanson devenu aujourd'hui l'un des tubes préférés des cabarets et des travestis. En 1974, Il venait d'avoir dix-huit ans est numéro 1 dans neuf pays et son interprète, qui l'a enregistrée en plusieurs langues, reçoit énormément de récompenses: Académie du disque Charles Cros, Oscar mondial. Le texte de la chanson, qui commence par «Il venait d'avoir dix-huit ans/Il était beau comme un enfant/Fort comme un homme», cite la grande référence des amours des femmes mûres avec de très jeunes gens, Le Blé en herbeLe roman de Colette(1932), le film de Claude Autant-Lara avec Edwige Feuillère et Pierre-Michel Beck (1954) sont d'évidentes références, à l'époque. Aujourd'hui, on parle de «cougars», terme qu'aurait haï Iolanda.

Demeurent pour toujours deux minutes cinquante d'une mélodie entêtante et, accessibles sur Internet, plusieurs interprétations filmées de Dalida, bouleversante et digne, «J'ai mis de l'ordre dans mes cheveux,/Un peu plus de noir sur mes yeux,/Par habitude,/J'avais oublié simplement/Que j'avais deux fois 18 ans.»

Le Figaro.

1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 20:44

On dirait qu'il va neiger

La douleur qui s'accroche à mon bras droit au niveau du coude m'épuise. On me recommande un marabout, des tisanes d'orties et Françoise tient à ma disposition des huiles essentielles. je suis défait (ma mère prétend qu'il ne m'en faut pas beaucoup), l'énergie me manque alors que je dois répondre à dix problèmes d'intendance par jour. Si Stéphane était là, il m'aurait rassuré, donc guéri. Ses mains ! Qu'il les pose sur moi, je n'avais plus mal. Ce miracle c'est l'amour même.

On dirait qu'il va neiger de Pascal Sevran.

24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 20:26

Bonjour,


C'est en cherchant l'année où Isabelle (Aubret) a fait la 1ère partie des Compagnons de la chanson en tournée puis à Bobino que je suis arrivée sur votre blog.

Je co-anime un blog dédié aux Compagnons et nous ne manquons jamais, lorsque nous mettons en ligne une vidéo de Fred Mella à la Chance aux chansons de citer Pascal Sevran pour son amour de la chanson française, son respect pour les artistes ( même passés de mode dans les médias mais pas dans le coeur de leurs admirateurs) et pour le public auquel ses émissions manquent.

Belle initiative que ce blog, que je reviendrai visiter plus longuement.

6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 20:28

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  • : Le blog des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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