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A l'occasion de la sortie du journal "Lentement, place de l'église", Pascal est interviewé par Joseph Agostini en date du 24 mars 2003 :

Joseph Agostini : "Lentement, place de l'église", votre dernier ouvrage paru chez Albin
Michel, est un journal intime finement ciselé, cousu dans un humour désopilant, un cynisme désinvolte et des larmes, beaucoup de larmes. Écrire, à quoi ça sert Pascal Sevran ?
Pascal Sevran : Écrire, cela console, mon cher ami ! Je me fous de la postérité. J'ai écrit des romans, j'aime rédiger mon journal intime, et je donne à mes lecteurs ce que je suis, tout simplement. Beaucoup de larmes ? C'est très juste, mais je ne me morfonds pas toute la journée non plus ! J'aime la vie, je sors beaucoup. Je m'amuse encore follement ! Pourvu que ça dure.

Joseph Agostini : Vous avez dit être trop pessimiste pour vous suicider. Cela dit, et même si vous vous foutez bien de la postérité, vous êtes assez optimiste pour écrire !
Pascal Sevran : (rires) Oui, c'est vrai ! J'aime dire aux gens ce que je ressens, en espérant être entendu. C'est peut être présomptueux de ma part. Mais vous avez lu mon livre, et vous semblez y avoir été sensible. Tout n'est donc pas perdu.

Joseph Agostini : Stéphane a été l'amour de votre vie. Une large part de vos écrits lui est consacrée. Dans son émission, Bernard Tapie vous affirmait que se souvenir de l'être aimé, c'est le maintenir en vie. Ce à quoi vous avez répondu : "Je veux bien, mais Stéphane ne m'attend plus, à la sortie de mes spectacles". L'écriture, cela console, mais cela ne suffit pas ?
Pascal Sevran : Encore mon pessimisme ! Moi, je constate. L'écriture ne pourra jamais me rendre Stéphane. Elle me permet simplement de fixer les moments, d'en tirer des leçons, de donner à voir et à ressentir à travers mon histoire personnelle, ses joies, ses douleurs, ses doutes. J'ai vécu dix-huit ans avec Stéphane ! Sa présence dans mes livres est à la mesure de ce qu'il a représenté dans ma vie.

Joseph Agostini : Avec "Il venait d'avoir dix-huit ans", Dalida vous survivra certainement très longtemps. Cette chanson résume-t-elle ce que vous voulez laisser derrière vous ?
Pascal Sevran : Extrêmement flatté d'avoir écrit quelque chose qui, à votre avis, restera dans les mémoires, longtemps, longtemps après ma disparition. J'ai été le parolier de Dalida pendant quelques années.Parmi toutes les chansons écrites par moi pour elle, "18 ans" a été sacrée par le public.L'interprétation de Dalida y est pour beaucoup. Cette chanson l'habillait si bien.

Joseph Agostini : Chanter la vie, Toujours pas de repli méditatif en vue ?
Pascal Sevran : (rires) Laissez-moi m'amuser, mon cher ami ! Je suis comme d'Ormesson, moi ! J'aime la chanson, j'aime la vie, j'aime gouailler sur les plateaux télé, chanter, danser, faire le zouave ! Cela n'empêche pas des plages de repli méditatif. Tenez, demain, je quitte Paris pour Morterolles. Je m'en vais écrire !

Joseph Agostini : A la Star Academy, ils s'amusent bien aussi. Qu'en pensez-vous ?
Pascal Sevran : C'est vieux comme le monde, leur histoire ! Les radio-crochets quoi ! Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils aiment chanter ! Que demander de plus ? Star Academy, c'est sympathique ! Vous savez, moi qui n'aime ni la violence ni le flou, cette jeunesse là me convient ! Ils ont l'air contents, c'est l'essentiel.

Joseph Agostini : Vous allez présenter samedi 29 mars sur France 2 une émission spéciale en prime time consacrée à Renaud, avec la complicité d'Ariane Massenet et intitulée Docteur Renaud, Mister Renard. Pouvez-vous nous en parler ?
Pascal Sevran : Quand Anne Marcassus m'a proposé cette idée, j'ai immédiatement accepté. Renaud est quelqu'un d'une grande qualité humaine, auquel il faut rendre hommage. Quant à Ariane, c'est mon genre de femme ! Nous nous entendons à merveille !

Joseph Agostini : Pascal Sevran, la télévision autorise t-elle vraiment la nostalgie ?
Pascal Sevran : Cher Joseph, il me semble que non. C'est d'ailleurs pour cela que j'écris. Poser les mots sur une feuille blanche, c'est autrement plus fort que passer à l'antenne. Je cavale, je joue, je feins de ne pas faire d'effort. Mais l'écriture, cher Joseph, l'écriture...

Ronan

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  • : Le blog des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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