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Pascal Sevran nous revient avec le sixième tome de son journal intime. Nous l'avons rencontré hier à Bruxelles.

Et quel livre! Chaque année, Pascal Sevran nous revient, à la même période, avec le nouveau tome de son journal intime débuté il y a cinq ans avec La vie sans lui, où il parlait de la mort de Stéphane, l'amour de sa vie. Dans le sixième opus, intitulé Il pleut, embrasse-moi, il évoque toujours la mémoire de Stéphane. Mais il parle aussi de sa rencontre avec Julien, un jeune homme qui vient de passer son bac et avec qui il vit une nouvelle passion. Et, à voir ses yeux qui pétillent quand on lui en parle, on comprend vite tout ce que Julien a apporté dans sa vie.

La première chose qu'on a envie de vous demander, c'est comment va Julien...

«Il est toujours là. Il devrait venir dimanche à Paris et on devrait ensuite passer un week-end à Dublin. Mais encore faut-il qu'il vienne. Comme tous les adolescents, il est insaisissable. Il a des crises de rires, de larmes, de fous rires. Il est attachant.»

Vous vous étonnez d'être encore ensemble après autant de mois...


«Je n'emploie pas le mot ensemble . Cela implique une notion de couple. Je n'ai éprouvé cela qu'une fois dans ma vie, avec Stéphane. Julien, c'est une autre aventure. J'ai bien réalisé qu'il y avait quelques années de différence entre lui et moi. Je n'ai pas d'illusions. On est simplement dans le plaisir, la gaieté, la gentillesse. Et je lui apporte autant qu'il m'apporte.»

Vous êtes amoureux ?

«Je n'aime pas utiliser les grands mots. Mais Julien m'a bouleversé. Il m'a ému. C'est déjà pas mal...»

Vous décrivez une scène de sexe par téléphone. Jusqu'où peut-on aller dans un journal intime?

«Je trouve que c'est une belle scène. C'est la façon de l'écrire qui en fait l'intérêt. En revanche, il y a des mots qu'on s'est dits et que je n'ai pas écrits car j'estime que c'est plus intime qu'une scène de masturbation.»

Chaque tome de votre journal intime comporte vos coups de gueule. C'est devenu une obligation pour faire parler du livre ?

«Non. Au contraire, j'en enlèverais plutôt. Mais chaque coup de gueule est la preuve que je suis en vie.»

Dans votre nouvel opus, vous expliquez que vous n'êtes pas pour le mariage homosexuel...

«Le mariage ne sert à rien. C'est déjà un ratage hétérosexuel. Et puis, on a le Pacs. C'est la seule chose que Jospin a faite de bien dans sa vie. Maintenant, si ça plaît à certains...»

Par contre, vous êtes en faveur de l'adoption par les couples gay...

«Je préfère qu'un enfant soit avec deux hommes ou deux femmes extrêmement gentils qu'avec des parents alcooliques ou incestueux.»

La réélection de Bush semble vous faire jubiler !

«Bush ne m'est pas spécialement d'une grande sympathie, mais j'étais enchanté du ridicule de tous ces Européens qui annonçaient la victoire de Kerry et qui se sont fait avoir. Tous ces gens qui entendent nous expliquer le monde à notre place et qui ont eu droit à un beau pied de nez de l'Amérique profonde.»

On vous imaginait pourtant plutôt antiaméricain !
  
«On veut toujours me caricaturer, parce que je suis le défenseur de la chanson française. Je n'apprécie pas tout ce qui vient d'Amérique. Mais ils nous ont aussi envoyé de grands artistes. Ce qui m'agace, c'est que les Européens veulent décider de tout ce qui se passe.»

Politiquement, vous lancez aussi le scoop: votre ami Jack Lang vous a confirmé qu'il se présenterait aux présidentielles de 2007 !

«Il m'a encore appelé avant-hier du Maroc pour me le répéter. Comme s'il avait besoin de s'en convaincre lui-même.»

Dans le cas d'une élection entre Jack Lang et Nicolas Sarkozy, que vous appréciez aussi, pour qui voterez-vous ?
«Je ferai la campagne électorale de Jack Lang et je voterai Sarkozy !»

Il paraît que de plus en plus de gens espèrent figurer dans votre livre. C'est exact ?

«On m'en parle tous les jours. On passe son temps à me dire que beaucoup de gens rêvent d'être dans mon livre. Mais je n'écris quand même pas le bottin mondain ! Il m'arrive de faire des dîners avec des tas de personnes formidables, mais sur lesquelles je n'écris rien.»
BRUXELLES
Pascal Sevran commence à s'impatienter. Ça fait 40 minutes qu'il a commandé ses sandwiches et que ceux-ci n'arrivent pas. Entre-temps, il a déjà demandé trois fois au serveur de l'hôtel, situé à deux pas de la Grand-Place, de lui servir un autre thé. Heureusement, les interviews avec les journalistes belges se passent bien. «C'est toujours un plaisir de venir chez vous. En Belgique, on sait que les journalistes ont lu votre livre, ce qui n'est pas le cas à Paris!»
Ronan

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  • : Le blog des Amis de Pascal Sevran
  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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