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Pascal Sevran était de passage à Bruxelles pour la sortie du septième tome de son journal intime, Le privilège des jonquilles


BRUXELLES Assis dans un divan du bar de l'hôtel Amigo, à deux pas de la Grand-Place, Pascal Sevran fait déjà son show. Le thé que vient lui apporter le serveur ne lui convient pas. «C'est de la tisane pour vieux, mon garçon.» Quelques instants plus tard, ce sont les biscuits et chocolats qui accompagnent la boisson qui ne sont pas à son goût. «Vous n'avez pas autre chose?» Il commence à trépigner. Allume une cigarette. «Allez, on commence!»

Dans votre livre précédent, on assistait à la naissance d'une passion entre vous et Julien, votre nouvel amant. Dans Le privilège des jonquilles
, on découvre plutôt comment une passion s'éteint...
«Oui. Mais ça ne me surprend pas. Dans toute passion, la défaite est annoncée. Et je n'échappe pas à la règle. Je suis d'ailleurs beaucoup responsable de ce qui se passe. Je suis insupportable.»

À chaque livre que vous sortez, on a l'impression que vous rentrez vraiment dans la vie de vos lecteurs. Ils vous écrivent...
«Dans un journal intime, à l'inverse d'un roman, on sait qu'on est dans la vraie vie. Je reçois 500 à 700 lettres par semaine.»

On apprend que vous avez pris des médicaments contre les Tocs...

«Ils me réussissaient très bien. Ils me donnaient une euphorie qui n'est pas dans ma nature. Sauf qu'en même temps, c'était désastreux pour ma libido. J'ai arrêté.»

Vous dites que vous avez parfois du mal à vous voir dans une glace...

«Comme tout le monde. Il m'arrive parfois d'être très content de moi et d'autres pas du tout. Vous vous trouvez bien tout le temps?»

La chirurgie esthétique, c'est un pas que vous ne franchirez jamais?

«Je n'en sais rien. Je suis probablement beaucoup trop trouillard.»

Vos livres sont aussi remplis de coups de gueule. Vous avez voté non à la Constitution européenne...

«Un des grands enthousiasmes de ma vie, c'est d'avoir vu le non l'emporter lors du référendum. J'ai écrit des pages formidables là-dessus.»

Vous avez aussi un goût pour la provocation. Les passages sur les enfants qui meurent de faim en Afrique, dont vous accusez les parents de crime contre l'humanité, sont à la fois très justes sur le fond, mais aussi très crus dans l'écriture...

«Je n'ai pas l'intention de prendre des pincettes. J'accuse de crimes contre l'humanité, quelle que soit leur couleur ou leur religion, les gens qui font des enfants, qui ne savent pas les élever et les laissent ensuite crever. Les adultes peuvent trouver d'autres jouets que des enfants. C'est sans doute ce qui me préoccupe le plus pour le moment. L'irresponsabilité de ces hommes qui se promènent la bite à la main et ces femmes qui se laissent faire.»

Suite à votre interview chez vous en janvier, Marc-Olivier Fogiel vous aurait proposé de tourner un long portrait de vous...

«Si je veux... Pour l'instant, ce n'est pas à l'ordre du jour.»

Il paraît que vous avez refusé de vous retrouver sur le même plateau que Guy Carlier?

«Je n'ai peur de personne, mais je refuse désormais d'aller dans des émissions où il y a un public qui hurle et des gens que je ne fréquenterais pas dans la vie. Par ailleurs, Guy Carlier m'a téléphoné pour me dire qu'il avait regretté de ne pas être là lors de l'interview et il n'arrête pas de me laisser des messages.»

Samedi dernier, pour la finale de votre émission Entrée d'artistes
, vous avez réservé une surprise aux candidats avec la présence d'Alain Delon en fin de programme...
«C'est lors d'une discussion que je lui ai proposé de venir. Et il est venu. Ça s'est décidé la veille. Il est très gentil et il m'aime bien. Il m'a écrit aussi de très belles lettres lors de la sortie de mes livres.»

Ronan

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  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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