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BRUXELLES. Malgré la tempête médiatique de décembre dernier, Pascal Sevran est serein. Apaisé, même. Il est vrai que La mélancolie des fanfares, le huitième tome de son journal intime, a fait nettement moins de vagues que son précédent opus, Le privilège des jonquilles, dont certaines considérations, notamment sur l'Afrique, avaient suscité une véritable polémique. Mais notre homme ne s'est pas assagi pour autant. On retrouve dans son dernier livre ses indignations, ses emportements, ses coups de gueule et ses coups de coeur. Diabolisé par les uns, soutenu par les autres, Pascal Sevran n'est pas près de manier la langue de bois.

Dans La mélancolie des fanfares, vous dites "Nous écrivons pour semer le doute, scandaliser les âmes sensibles. Devrions-nous affadir les mots pour les faire avaler aux délicats ?" Vous pensez toujours la même chose après la polémique ?

"Je pense tout ce que j'ai écrit. Je n'ai pas changé. Ce que j'ai écrit reste vrai."

Vous avez donc toujours ce goût de la provocation ?

"Il n'y a pas chez moi de goût de la provocation. Il y a un goût de la vérité ! Les fesses de Polnareff, c'était de la provoc. Le billet de 500 francs brûlé par Gainsbourg aussi. Mais la littérature est là pour susciter des émotions, des commentaires, pas pour provoquer."

Mais certains mots peuvent être perçus comme de la provocation...

"Pour moi, l'incident est clos. Je n'ai plus envie de m'étendre dessus. Personne de bonne foi n'a pu sérieusement croire que j'étais raciste. Je ne le suis pas. Tout est parti d'une interview où on me demandait de m'expliquer sur un passage du livre. On peut déformer les propos et pendre n'importe qui avec une interview. Là, c'est tombé en pleine campagne électorale."

Vous pensez justement qu'on vous a fait payer votre soutien à Sarkozy ? Le PS a été le plus virulent à votre égard...

"C'est évident. Tout ça est sorti 10 jours à peine après que Nicolas Sarkozy m'a fait monter sur l'estrade à côté de lui. Heureusement, des gens comme Jack Lang ou Bertrand Delanoë ont continué de me soutenir à gauche et ce n'est pas rien."

Ce qui est paradoxal, c'est qu'on a l'impression en vous lisant que derrière des mots parfois crus se cache en fait une véritable indignation face à la misère humaine. Il y aurait un vrai malentendu ?
"C'est vrai que je suis bouleversé quand je vois les enfants qui souffrent en Inde, en Amérique du Sud ou partout ailleurs dans le monde. La souffrance des femmes et des enfants, ça me rend fou."

Le titre La mélancolie des fanfares fait référence à la dépression que vous avez traversée l'an passé...

"C'est vrai, ce journal a été difficile à remettre en route. Il y avait un ensemble de choses, l'impression qu'on va mourir tous les matins, une lassitude générale. Mais je me reprenais, heureusement, notamment lorsque j'apparaissais en public. Et puis, à partir de l'été, j'ai commencé à me sentir mieux. La Coupe du Monde m'a beaucoup amusé, j'ai fait une croisière qui s'est bien passée et j'ai décrété que j'allais mieux. Tout passe par le mental."

Parmi les plus beaux passages du livre, il y a vos soirées avec France Gall. On découvre que vous avez chacun perdu l'être qui a le plus compté dans votre vie : vous Stéphane, elle Michel Berger...
"C'est très curieux ces retrouvailles. On ne s'était jamais vraiment fréquentés et je ne l'avais plus vue depuis 30 ans. Lorsqu'on s'est vus l'an dernier chez Jacques Attali, elle est pourtant tombée dans mes bras. Elle avait lu mes livres. Elle m'a dit : Je sais t out. C'était très émouvant. Par la suite, lorsqu'on m'a attaqué à la fin de l'année dernière, elle a été la première avec Renaud à me défendre. C'est une fille très forte malgré les épreuves terribles qu'elle a traversées."

Ronan

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