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Cela fait cinq mois que Pascal Sevran a quitté Paris pour affronter, chez lui, dans son fief de Morterolles, la pire des épreuves et livrer l'un des plus gros combats de son existence. Celui contre la maladie. Opéré deux fois durant cet été noir, il refait surface. Il n'y a qu'à le voir trépigner et s'affairer dans sa propriété pour constater que l¹homme a repris du poil de la bête. Il n'a perdu que quatre petits kilos, seule sa voix cassée rappelle encore ses pépins de santé. Il nous a donné rendez-vous chez lui, un jour de grand soleil. Il nous accueille en jean-basket, l'animateur semble même avoir rajeuni. En marchant le long de son étang, il ne pourra s'empêcher de refaire le monde, de parler politique, télévision et même littérature.
Pascal Sevran s'est remis à l'écriture de ce journal de bord. Cela faisait huit mois qu'il n'avait plus rien écrit. Un signe de bonne santé retrouvée.

L'été 2007 s'achève, vous paressez très en forme. On ne peut pas croire que vous sortiez de l'enfer !
C'est l'été le plus triste de ma vie, le plus difficile aussi.
Mais je ne veux pas en faire un roman : j'ai dû affronter ce que des millions de gens affrontent dans l'anonymat.
Oui j'ai été opéré, et que l¹on ne vienne pas me demander de quoi ca ne regarde personne, ça va très bien maintenant, regardez moi a part un problème mécanique de corde vocale qui se réglera dans les semaines qui viennent.
Si je parle aujourd'hui c'est pour la première et pour la dernière fois je ne veux pas donner prise au voyeurisme de certains.
C'est avant tout pour remercier le personnel hospitalier du CHU de Limoges, des grands professeurs et des infirmières qui m'ont tenu la main, ça c'est bouleversant.
Elles le font pour tout le monde, pas spécialement pour moi. J'entretiens des relations aujourd'hui très fortes, très fraternelles avec certains d'entre eux.

Vous avez décidé d'affronter l'opération dans votre Limousin, plutôt que dans un grand hôpital à Paris.
J'ai tout de suite dit aux professeurs du CHU de Limoges, « je ne bouge pas.
Je suis très bien avec vous, on va s'arranger».
Et puis ce qu'on pouvait dire de mon absence, à Paris, j'en avais rien à faire.
Si vous saviez comme j'ai été concentré sur les 40 km reliant l¹hôpital de ma maison de Morterolles, avec quelle concentration, quelle organisation j'ai essayé de mener tout ça. Quand je vois sourire mes professeurs, je suis ému.

Qu'est-ce qui a été le plus dur dans ce combat ?
C'est aujourd'hui, que je m'agace le plus car je dois attendre et je ne suis pas patient, que ma corde vocale droite veuille bien se rapprocher de la gauche.
Comme c'est très tendance maintenant politiquement, ça devrait se faire. Et puis, cette voix rocailleuse, ça a un côté très chic, entre Bruel et Mauriac (Rires)

Vous êtes l'un des plus fervents supporters de Nicolas Sarkozy, vous a-t-il appelé ?
Il n'a pas cessé de me téléphoner. Le soir de son élection, il m'a appelé dans ma chambre à l'hôpital ou j'ai fêté son élection entouré de jeunes et jolies infermières.
Voilà pourquoi je n'étais pas au Fouquet's. Il m'a dit «je t'embrasse, ça serait plus gai si tu étais là. ».
Les mots de Cécilia Sarkozy m'ont bouleversé, elle m'écrit souvent . Je me souviens que le 14 janvier porte de Versailles en descendant du podium, Nicolas est venu m'embrasser et m'a dit à l¹oreille " t'as entendu j'ai parlé des infirmières." Il faut dire que je n'ai pas cessé de le bassiner pendant toute la campagne sur ce thème.
Il y a aussi Bertrand (Delanoé), mon frère depuis 30 ans, qui a téléphoné tous les jours et qui ne m'a pas lâché.
Ils ont tous voulu venir ici, mes amis Delon, Drucker, Hanin, Jack Lang, Sheila, France Gall, beaucoup d'autres encore cela m'a touché, mais je n'ai voulu voir personne, maintenant je les attends.
Mais il ne faut surtout pas oublier les gens de ma vie intime ici et puis ... Mon ami Serge T et ma soeur Jacqueline ou serais-je aujourd'hui sans eux ... sans elle.

L'année 2007 n'a pas été uniquement marquée par le combat, il y a eu cette polémique...
Qui m'a affaibli moralement, et contrarié parce que c'était honteux. Mais je ne veux plus en parler. Cette histoire là, c'est trop. J'ai fait face au revers de la médaille d'un homme public.

Jusqu'à cet été, vous vous sentiez invulnérable et immortel ?
Pas du tout, on se sent plus mortel et plus vulnérable, justement. J'ai été pendant longtemps un homme qui n'était pas public et j'ai été entouré de beaucoup de gentillesse. Les coups durs ça arrive plus souvent aux personnes publiques, c'est comme ça.

Avez-vous souvent songé à Stéphane, votre grand amour, durant ces dernières semaines ?
Il est en moi.!

Votre regard sur la vie et sur la société s'est-il acéré pendant cette période de convalescence ?
Je ne me suis concentré que sur une chose : aider les médecins qui m'aidaient. C'était essentiel pour combattre. Avant l'opération, je n'avais jamais eu une angine de ma vie, ni une grippe ni une bronchite. Ma mère ne se souvient même pas que j'ai eu la varicelle.
Mais mon regard sur le monde n'a pas beaucoup changé, je sais les petitesses, je sais les traîtres et les salopards. Je sais les gens magnifiques, je sais tout ça, je n'ai pas appris grand chose. Je n'ai pas attendu d'avoir ce violent choc sur la tête, pour découvrir le monde.

Vous avez repris l'écriture de votre journal de bord ?
Personne ne le sait même pas mon éditeur mais je viens de le reprendre, après huit mois d'interruption. C'est une bonne nouvelle pour moi car j'avais perdu toute envie et inspiration.

Vous ne figurez pas sur les grilles de rentrée de France Télévisions pour cette rentrée de septembre. Cette absence a déclenché des tas de réactions, vos téléspectateurs se demandant si finalement, on ne vous avait pas mis à la porte, après la polémique. Vous reverra-t-on sur ces antennes ?
J'entretiens avec Patrick de Carolis des relations très amicales. C'est un homme bien. Il m'a dit « tu seras, je le veux, sur le service public en janvier ». Il me propose de revisiter l'Eurovision, on verra, j'ai déjà donné. Autre piste : des belles émissions sur France 3 à partir de janvier de grands portraits pour l'été prochain sur France 2 voilà ce que l'on me propose.
Je vais rentrer à Paris, redonner des dîners à la maison, préparer mes émissions.

Votre bilan sur le début de quinquennat du président de la République ?
Je l'aime et je crois qu'il me le rend. Je ne peux pas dire le contenu de nos conversations, ce serait impudent, impudique. Mais je suis le premier des mitterrandôlatres historiques à avoir compris ce que Nicolas allait devenir. Je n'ai pas à faire parler les morts. Mais je crois que Mitterrand verrait en lui un bel animal. Je me rappelle ce qu'il disait :  « J'ai été l'homme le plus haï de France, ça me laisse une chance d'en être un jour le plus aimé ». Quand on voit ce que disaient certains de ses ministres avant qu'ils les nomment, on a envie de se taper le cul par terre de rire.

La polémique autour de la venue de Cécilia en Libye vous a touché ?
L'idée que les mirliflores du PS convoquent la femme du président de la République pour lui demander ce qu'elle fait est particulièrement grotesque.
Si à chaque fois qu'elle va dîner avec un chef d'Etat ou faire des courses, elle doit rendre des comptes à Monsieur Duchemol, on tombe dans le granguignole. Elle a assassiné qui exactement ? C'est une femme magnifique.

Ce qui se passe au PS, vous attriste-t-il ?
Beaucoup sont ridicules, mais il y a des gens très bien comme Malek Boutih ou Manuel Vals.
Pour moi, il n'ya que Bertrand pour reprendre en main la machine PS.
Il n'y a aucun doute là-dessus. Finalement, comme je collectionne les présidents de la République, il sera mon troisième, dans dix ans. Après les deux mandats de Nicolas.

Ronan

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  • : Ce blog a été crée afin de perpétuer la mémoire de Pascal Sevran au travers de sa vie et de son oeuvre tant audiovisuelle que littéraire.
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