Phrases du jour par Pascal Sevran, le 17-05-09
Publié le 17 Mai 2009
Le premier
volume de mon journal est sur toutes les listes de best-sellers depuis six semaines. Que de mauvaises fréquentations, que d'honneurs aussi.
Ce succès ne me laisse pas indifférent, il m'émeut, me porte et m'effraie; je ne peux pas m'en réjouir sans voir que l'on se presse d'abord devant le tombeau de Stéphane. Le cortège est immense;
quand il se dissipera, je serai un peu plus seul encore, mais je ne regrette rien, j'aurais vu venir vers moi, vers nous, des hommes et des femmes éblouis par notre amour. Je n'aurais pas dû
écrire que j'étais prêt à me tuer sur sa tombe si j'étais certain de pouvoir l'embrasser ne fût-ce qu'une fois, c'est une pose trop commode; je ne suis pas assez optimiste pour me suicider. Je ne
crois pas du tout qu'il m'attende là-haut.
Je ne guérirai pas de Stéphane, d'abord parce que je ne le veux pas. Je me laisserai couler dans d'autres bras, je boirai un peu de vin pour endormir ma douleur et m'endormir avec elle, je
finirai peut-être même par me réveiller moins malheureux certains matins. Tout est encore possible, je ne veux pas décourager les avances que la vie me fera, mais je ne m'éloignerai pas de
Stéphane, il n'aura pas à me rappeler à l'ordre. Il fut mon ange et mon démon, il le restera.
Des lendemains de fêtes par Pascal Sevran.
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